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L'abandon

L’abandon, ce bien petit mot qui cause tant de maux.

Je me suis déjà sentie abandonnée. Eh oui, j’ai déjà été affectée par cette sensation, l’une des pires qui soit donnée de vivre. L’abandon, cette impression que l’on a lorsqu’on ne compte plus pour l’autre et qu’il n’arrive plus à nous aimer pour ce que l’on est. Cette perte de contrôle à l’image de deux aimants qui se repoussent. Ça fait tellement mal d’être rejeté par les gens que l’on aime et qu’on aimerait encore aimer. C’est comme si on tombait dans un gouffre d’angoisse et de questionnement. Dans ma vie, ce sentiment s’est rapidement transformé en une peur irréelle que je craignais de rencontrer partout, dans les moindres recoins. Tu sais, le genre de peur qui traumatise et rend également très suspicieux par rapport à tout le reste. J’étais donc atteinte en bas âge du syndrome « j’ai peur de ne plus avoir d’amis », « j’ai peur de ne pas compter plus que tout pour quelqu’un », « j’ai peur de ne jamais me faire choisir », «j’ai peur que mes parents ne n’aiment plus ». Le genre de peur qui me poussait à me sentir comme une orpheline, après chaque petite chicane avec mes parents. Je me faisais des scénarios dans ma tête, je me sentais comme la petite fille du conte La petite fille aux allumettes. Et je pleurais dans mon lit, en me disant que ma vie était finie si je n’avais plus mes parents.

Même aujourd’hui encore, quand tout va mal et qu’en plus je ne suis pas en bons termes avec ma famille, je suis démolie. Je me dis qu’ils ne m’aiment plus et j’ai le goût moi aussi d’abandonner, abandonner la vie sur terre. À une époque, j’avais même hâte d’avoir des enfants à moi, car je me disais qu’étant donné que je serai leur maman ils n’auraient pas le choix de m’aimer, du moins pendant les premières années. Mais là, c’en assez d’avoir peur et de souffrir parce que je ne suis pas assez aimée à mon goût! Pour arrêter d’avoir peur tout le temps, j’ai décidé cette année de commencer à être moi-même en essayant de ne pas toujours plaire à tout le monde. J’en fais moins. Je me fais passer en premier. Ceux qui restent et qui, éventuellement, resteront ne pourront pas m’abandonner parce qu’ils vont m’aimer, moi, en toute connaissance de cause.  J’ai déjà également abandonné. J’ai levé les bras et laissé des gens ou des situations derrière moi. J’avais ainsi jugé que c’était pour le mieux. Mais en réalité, est-on vraiment en mesure de lâcher prise, de se dire : « Je coupe les ponts parce que ce que j’ai sous les yeux est invivable et franchement beaucoup trop toxique »? Moi je crois que j’ai plutôt déguisé en abandon des attentes mal assumées, des attentes dans l’espoir de… retrouver ce que j’avais perdu ou trouver mieux?

Abandon, un si petit mot qui peut virer tout un monde à l’envers.

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