Juste avant les fêtes, j’ai accueilli quelque chose de nouveau dans ma vie : l’anxiété. Moi, anxieuse. Moi qui me pensais à l’épreuve de tout, au-dessus de mes affaires, en contrôle de ma vie. Ben non. C’est arrivé un matin, PIF PAF de même. Je suis rentrée au travail, mais ça feelait pas full. J’avais mal au cœur, mal à la tête, j’étais brûlée pis j’avais un méchant poing dans le chest qui me coupait le souffle. Pourtant, au travail, tout était sous contrôle. Il a suffi d’un commentaire du genre « hey Caro, ça va tu? » pour que je fonde en larmes. Je venais de faire ma première crise d’angoisse.
Si tu es dans cette situation, tu te demandes sûrement si c’est “juste dans ta tête” ou si quelque chose ne va vraiment pas. En réalité, l’anxiété peut se manifester même quand tout semble aller bien en apparence. Elle peut prendre la forme de symptômes physiques, d’une fatigue mentale intense, d’une impression d’être submergé, ou d’une difficulté à décrocher le soir. Et plus tu la nies, plus elle peut te gruger de l’énergie.
L’essentiel a retenir : l’anxiété peut apparaître même sans raison évidente, avec des symptômes physiques et mentaux très concrets.
- Une crise d’angoisse peut survenir alors que tout semble “correct” autour de toi.
- Les signes fréquents incluent maux de ventre, oppression, fatigue, insomnie et pensées en boucle.
- Le fait d’analyser tout en continu peut entretenir l’anxiété au quotidien.
- Le syndrome de l’imposteur et la pression de plaire peuvent aggraver le problème.
- Consulter un médecin ou un psychologue aide à comprendre ce qui se passe et à agir tôt.
- Parler de son anxiété n’est pas un échec : c’est souvent le premier vrai pas vers l’apaisement.
Comment reconnaître une anxiété qui s’installe
Je pense que je suis anxieuse depuis beaucoup plus longtemps que ça, en fait, c’est juste que je ne l’admettais pas. Quand je suis allée voir ma doc pour ça, en prétextant que ça avait sûrement un lien avec ma médication pour l’épilepsie, elle m’a montré un petit carton avec les symptômes associés au trouble anxieux. J’ai (encore) pleuré en lisant tout ça parce que je me reconnaissais trop. Difficulté à dormir, maux de ventre et de cœur, manque de concentration, et j’en passe : tous ces symptômes-là, je les vivais.
Concrètement, l’anxiété ne ressemble pas toujours à une crise spectaculaire. Dans la pratique, elle peut se glisser dans des détails du quotidien : sommeil léger, tension dans le corps, irritabilité, difficulté à prendre des décisions, sensation d’être toujours “sur le qui-vive”. Si tu rencontres ce problème, le piège, c’est de croire que tu dois attendre d’aller très mal avant de demander de l’aide. Ce n’est pas vrai.
Les signes qui doivent te mettre la puce à l’oreille
Les professionnels observent généralement que les personnes anxieuses minimisent longtemps leurs symptômes. Elles disent souvent qu’elles sont juste fatiguées, trop occupées ou “un peu stressées”. Or, quand les symptômes reviennent souvent ou durent dans le temps, ça change la donne. Ce que cela implique pour toi, c’est qu’il faut regarder l’ensemble : le corps, les pensées et l’impact sur ton quotidien.
- Oppression dans la poitrine ou souffle court
- Maux de tête, tensions musculaires, fatigue persistante
- Rumination mentale et difficulté à arrêter de penser
- Sommeil perturbé ou réveils avec l’esprit déjà en alerte
- Gêne, pleurs faciles ou impression d’être dépassé
Pourquoi l’anxiété peut arriver même quand tout va bien
Ce jour-là, même si ma doc m’a expliqué que le trouble anxieux pouvait être dû à un débalancement des hormones ou à l’hérédité, et qu’étant donné l’année difficile que je venais de passer, il était normal que je me sente dépassée, j’ai pleuré toute la journée. On dirait que j’associais ça avec du négatif, comme si j’avais échoué à garder le contrôle sur ma vie.
Et c’est là qu’il faut remettre les choses au clair : l’anxiété n’est pas un manque de volonté. Elle peut être liée à une vulnérabilité personnelle, à une période de stress prolongée, à une charge mentale trop lourde, à des facteurs familiaux ou à une accumulation de petits événements. Dans la majorité des cas, ce n’est pas “une seule grosse cause”, mais un ensemble de facteurs qui s’additionnent.
Ce que cela change pour toi, c’est que tu n’as pas besoin d’attendre une catastrophe pour légitimer ce que tu ressens. Même si ta vie est “correcte” sur papier, ton système nerveux peut être épuisé. Et ça mérite d’être pris au sérieux.
Quand le cerveau ne décroche plus
Si toi aussi, tu es quelqu’un d’anxieux, tu vas te reconnaître dans ce que je dis. Je sais pas pour toi, mais dans mon cas à moi, il m’arrive souvent de me sentir overwhelmed, submergée. J’me sens parfois comme si je nageais en plein océan, en pleine tempête, et que j’arrivais tout juste à garder la tête hors de l’eau.
Je sais que j’ai tendance à être une personne assez intense qui veut plaire et qui dit oui à tout, et je suis consciente que c’est l’une des causes de mon anxiété. C’est pour ça que, parfois, je me sens envahie par mon agenda trop chargé. Mon cerveau arrête juste jamais. Et c’est pire le soir, quand je me couche.
Dans la pratique, ce type de fonctionnement nourrit un cercle vicieux : plus tu veux tout gérer, plus tu t’épuises; plus tu t’épuises, plus ton anxiété prend de la place. Résultat, tu te retrouves à vivre en mode alerte permanente, même quand tu aimerais juste te reposer.
Le piège de la rumination
J’ai l’impression d’avoir 10 millions de flashs pis de pensées qui se battent pour avoir le premier rôle dans ma tête. J’over analyse toutes les situations que j’ai vécues dans ma journée, tous les moindres petits commentaires incertains ou inconfortables que j’ai dits ou reçus, tous les textos pas clairs, toutes les opportunités que j’ai manquées.
Concrètement, la rumination donne l’impression de “réfléchir utilement”, alors qu’elle t’épuise. Tu crois peut-être que tu cherches une solution, mais souvent tu tournes en rond. Ce qu’il faut faire, dans ce cas, c’est distinguer une vraie réflexion d’une boucle mentale qui ne mène nulle part.
- Si une pensée revient sans cesse sans te faire avancer, c’est souvent de la rumination.
- Si tu relis chaque interaction en cherchant un détail “fautif”, l’anxiété se nourrit de ça.
- Si tu n’arrives plus à t’endormir parce que ton cerveau repart à toute vitesse, il faut agir.
Le syndrome de l’imposteur : un carburant fréquent de l’anxiété
En contrepartie, même si j’essaie de me convaincre que mon obsession de tout analyser est synonyme de sagesse et de connaissance, j’ai trop souvent le syndrome de l’imposteur. Est-ce que je suis assez compétente pour ma job? Est-ce que je suis une assez bonne copine? Est-ce que je suis bien placée pour passer ce commentaire-là? Est-ce que j’ai assez de talent pour participer à cet événement-là? Je suis pas mal certaine que ça aussi, ça fait partie de mon habitude de tout vouloir analyser et, par le fait même, ça vient picosser l’anxiété qui se tapit au fond de ma tête.
Dans les faits, le syndrome de l’imposteur peut te pousser à te juger en permanence, à douter de tes compétences et à chercher une validation extérieure constante. Ce que cela implique, c’est que tu n’es jamais vraiment en paix : même quand ça va bien, tu trouves une raison de remettre ta valeur en question. À la longue, ça use énormément.
Si tu es dans ce cas, il est utile de te demander : est-ce que je manque réellement de compétence, ou est-ce que je suis en train de me parler avec une exigence impossible? Cette nuance est importante, parce qu’elle change complètement la façon d’aborder ton anxiété.
Que faire si tu te reconnais là-dedans
L’affaire, c’est qu’au début je pensais pas que c’était possible de ressentir de l’anxiété sans savoir pourquoi. Je me disais que j’étais heureuse (et je le suis) et que tout allait bien dans ma vie, donc que j’étais à l’épreuve de tout ça. Certes, il y a des circonstances qui font monter l’anxiété, comme un examen, une entrevue, une dispute, une situation relationnelle complexe, mais en réalité, on peut être anxieux sans raison apparente. Et ce n’est pas à prendre à la légère.
Sur ce, si t’as l’impression que ça feel pas, je te conseille d’aller voir ton médecin, un psychologue ou thérapeute qui saura t’aider et te donner des moyens de calmer ton anxiété. Ma docteure à moi m’a vraiment aidée et m’a fait comprendre que je n’étais pas seule et que c’était important d’en parler.
Concrètement, le bon réflexe n’est pas d’attendre que ça passe tout seul si les symptômes reviennent ou s’intensifient. Ce qu’il faut faire, c’est consulter pour comprendre ce qui se joue, éliminer d’autres causes possibles si nécessaire, et trouver des stratégies adaptées à ta situation. Dans la pratique, ça peut faire une vraie différence sur ton sommeil, ton énergie et ta capacité à retrouver du souffle mental.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Minimiser les symptômes en te disant que “ce n’est pas si grave”.
- Te comparer aux autres en pensant que tu devrais mieux gérer.
- Attendre d’être à bout pour demander de l’aide.
- Multiplier les obligations alors que tu es déjà saturé.
- Croire que réfléchir encore plus va forcément te rassurer.
Ce qu’il faut retenir si tu hésites encore
Et c’est pourquoi je tenais à t’en jaser aujourd’hui. Parce que si tu te sens concerné.e, même si je te dis que tout va bien aller, tu as probablement besoin de plus qu’une p’tite tape dans l’dos. Sache seulement qu’il y a de l’aide disponible, et surtout, que ça ne devrait pas être tabou : tu n’es pas seul.e.
Si tu hésites encore, retiens surtout ceci : l’anxiété n’est pas un défaut de caractère, et tu n’as pas à la porter en silence. Plus tu la nommes tôt, plus tu te donnes de chances de reprendre le contrôle de façon saine, sans te battre contre toi-même.
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FAQ
Comment savoir si je fais de l’anxiété?
L’anxiété se reconnaît souvent à un mélange de symptômes physiques, mentaux et émotionnels. Tu peux avoir l’impression d’être constamment sur le qui-vive, de ruminer beaucoup ou de mal dormir. Si ces signes reviennent souvent et perturbent ton quotidien, il vaut mieux consulter.
Peut-on être anxieux sans raison apparente?
Oui, on peut être anxieux sans raison apparente. L’anxiété résulte souvent d’un ensemble de facteurs comme la fatigue, l’hérédité, les hormones ou une période de stress prolongée. Même si rien ne semble “grave” sur le moment, le corps peut être en surcharge.
Quels sont les symptômes d’un trouble anxieux?
Les symptômes d’un trouble anxieux peuvent inclure des palpitations, une oppression thoracique, des maux de ventre, de la fatigue, de l’insomnie et des pensées en boucle. Certaines personnes ressentent aussi une difficulté à se concentrer ou une irritabilité marquée. Les symptômes varient d’une personne à l’autre.
Quand faut-il consulter pour de l’anxiété?
Il faut consulter quand l’anxiété revient souvent, s’intensifie ou t’empêche de fonctionner normalement. Si elle affecte ton sommeil, ton travail, tes relations ou ton bien-être général, c’est un bon moment pour demander de l’aide. Un médecin, un psychologue ou un thérapeute peut t’orienter.
L’anxiété peut-elle provoquer des symptômes physiques?
Oui, l’anxiété peut provoquer des symptômes physiques très réels. Tu peux ressentir des maux de tête, des douleurs au ventre, une tension dans la poitrine ou une grande fatigue. Le corps réagit souvent avant même que tu mettes des mots sur ce que tu vis.
Que faire quand je me sens submergé par l’anxiété?
Quand tu te sens submergé par l’anxiété, le plus utile est de ralentir et de demander du soutien. Essaie d’identifier ce qui te surcharge, puis parle-en à un professionnel si ça dure. Évite de tout garder pour toi, parce que l’isolement aggrave souvent la sensation d’être dépassé.
Le syndrome de l’imposteur peut-il aggraver l’anxiété?
Oui, le syndrome de l’imposteur peut clairement aggraver l’anxiété. À force de douter de tes compétences et de te remettre en question, tu entretiens une pression mentale constante. Cela peut te fatiguer et renforcer les pensées anxieuses.
