Amylie vient de la même région que moi, et c’est par le biais d’amis communs que j’ai découvert son univers musical. D’abord charmée par la mélodie de son premier succès Mes oreilles, puis frappée par l’ampleur de son talent vocal et sa maîtrise des mots sur Le Royaume, son second album paru en 2012, j’ai surtout retenu une artiste capable de mêler lumière et mélancolie, légèreté et puissance. À quelques jours du lancement de son troisième album à l’Astral, j’ai eu le bonheur de m’entretenir avec elle. L’album est disponible dès aujourd’hui, et si tu aimes les chansons sincères, bien écrites et portées par une vraie personnalité, tu vas comprendre pourquoi cet entretien mérite qu’on s’y attarde.
L’essentiel a retenir : cet entretien met en lumière une artiste en pleine affirmation, un troisième album plus personnel et une démarche de création plus épurée.
- Amylie revient à une formule plus simple : guitare, basse et batterie.
- Son nouvel album est une démarche intime et assumée.
- Elle s’est interrogée sur le sens de sa création après le succès de Les Filles.
- La chanson Grand-maman est née d’une observation du réel.
- Elle rêve de collaborer avec Pierre Lapointe, Koriass et Chilly Gonzales.
- Elle sort de sa zone de confort pour le clip de L’amour à dos.
- Son agenda comprend l’Astral, les Francofolies et d’autres spectacles.
Un troisième album plus personnel et plus dépouillé
LFC : Amylie, comment décrirais-tu ce troisième album?
Amylie : Cet album, c’est une démarche personnelle. J’avais envie de regarder ce qu’il y a à l’intérieur de moi et de me dire : Ok, c’est ce que je suis! Il est surtout différent de mes deux premiers. Avec Jusqu’aux oreilles, je me dévoilais candidement, comme chanteuse, et avec Le Royaume on a mis beaucoup l’accent sur les arrangements musicaux. Pour celui-ci, j’avais envie de revenir à la guitare, la basse et la batterie en toute simplicité.
Concrètement, ce qu’elle décrit ici, c’est un virage artistique très clair : moins d’ornement, plus d’authenticité. Dans la pratique, ce type de choix change tout, parce qu’il laisse plus de place à la voix, aux paroles et à l’émotion brute. Si tu suis un artiste depuis plusieurs albums, c’est souvent à ce moment-là que tu vois sa vraie signature se préciser.
Ce retour à l’essentiel n’est pas un recul. Au contraire, il demande souvent plus de confiance. Quand une chanson repose sur peu d’éléments, chaque mot compte, chaque respiration compte, chaque nuance compte. C’est ce qui donne ici une impression de proximité immédiate avec l’artiste.
Créer après un succès : le doute, puis l’élan
LFC : Qu’est-ce que ça déclenche en toi lorsque tu es en processus de création?
Amylie : J’ai commencé cet album un peu à reculons. Après le succès qu’a obtenu la chanson « Les Filles », c’est tentant, une fois qu’on a goûté à cette euphorie, de vouloir toujours reproduire des chansons qui seront populaires. Je me suis questionnée, j’ai voulu me resituer, m’interroger à savoir ce que j’avais envie de raconter. Je me suis même demandé si ce troisième album devait être le dernier, est-ce que je serais satisfaite de ce que j’avais fait. Pour ce qui est de l’inspiration, bien, je suis sensible à ce que je vis et ce que vivent les autres. Un jour, j’ai croisé une dame plus âgée qui se promenait dans la rue, mon regard a été attiré vers elle. Je me suis demandé qui elle était, comment était sa vie. Je trouve qu’on ne s’intéresse pas assez aux personnes de cette génération. Comment ils sont perçus, quelle est leur histoire, leur vécu, comment je pourrais les mettre sous la lumière… C’est ce qui m’a inspiré la chanson « Grand-maman ».
Si tu es dans une phase de création, cette réponse est particulièrement parlante. Elle montre qu’un succès peut autant rassurer que déstabiliser. En réalité, beaucoup d’artistes vivent ce moment de bascule : faut-il refaire ce qui marche, ou prendre le risque d’être plus sincère que stratégique?
Amylie choisit clairement la deuxième voie. Et c’est souvent là que naissent les œuvres les plus marquantes. Dans son cas, l’inspiration vient du réel, d’une rencontre, d’un visage croisé dans la rue, d’une question simple mais puissante : qui est cette personne? Ce regard porté sur les autres donne de la profondeur à ses chansons et évite le piège du texte trop abstrait.
La chanson Grand-maman illustre aussi quelque chose d’important : une bonne chanson ne raconte pas seulement une histoire, elle remet en lumière des vies qu’on oublie trop vite. C’est ce que cela change pour toi en tant qu’auditeur : tu n’écoutes pas seulement une mélodie, tu entres dans une perspective humaine.
Les collaborations de rêve : authenticité, écriture et piano
LFC : On jase-là, disons que sky is the limit… Avec qui rêverais-tu de collaborer?
Amylie : Spontanément, je dirais Pierre Lapointe. J’aime son univers éclaté et son authenticité, je suis certaine que ça cliquerait bien nous deux. Et j’aime beaucoup les textes de Koriass, aucune idée pourquoi, mais je me verrais faire un jam avec un rappeur comme lui… (Rires) Mais mon top, ce serait Chilly Gonzalez, je ferais une « toune », lui serait au piano et moi je chanterais. Ce serait vraiment un rêve pour moi.
Cette réponse est intéressante parce qu’elle dit beaucoup de sa sensibilité artistique. Elle ne cite pas seulement des noms connus : elle choisit des univers qui ont du relief, de l’originalité et une vraie identité. Dans les faits, les meilleures collaborations ne reposent pas uniquement sur la notoriété, mais sur une alchimie de style, de langage et de sensibilité.
Si tu t’intéresses à la musique d’auteur, tu vois tout de suite ce que cela implique : Amylie cherche des partenaires capables de la pousser ailleurs, sans la dénaturer. Pierre Lapointe pour l’univers, Koriass pour l’énergie du texte, Chilly Gonzales pour la finesse du piano. C’est cohérent, précis et révélateur de sa manière d’envisager la création.
Sortir de sa zone de confort, même quand on est réservée
LFC : Nomme-moi une chose #funky que tu as déjà faite?
Amylie : Ouf, je suis quelqu’un de plutôt réservée… (Rires) C’est difficile de trouver une réponse à ça. Dernièrement, j’ai tourné un clip pour la chanson « L’amour à dos », je ne peux pas vraiment dévoiler ce dont il s’agit, mais je suis vraiment sortie de ma zone de confort pour ce tournage. J’ai fait des trucs que je n’avais jamais tentés.
On constate souvent que les artistes les plus solides ne sont pas forcément les plus extravertis. Ici, Amylie assume sa réserve, mais elle montre aussi qu’elle sait prendre des risques quand le projet l’exige. C’est exactement ce qui rend une carrière artistique crédible : la capacité à évoluer sans se forcer à devenir quelqu’un d’autre.
En pratique, sortir de sa zone de confort ne veut pas dire tout bouleverser. Cela peut vouloir dire accepter une idée de clip plus audacieuse, tenter une interprétation différente, ou explorer une esthétique nouvelle. Ce sont souvent ces petits déplacements qui donnent de la fraîcheur à une œuvre.
Une année rythmée par les spectacles et les scènes québécoises
LFC : Qu’est-ce qui s’en vient pour toi au cours de la prochaine année?
Amylie : À part le lancement à l’Astral, je ferai la première partie de Ian Perreault aux Francofolies cet été et aussi la première partie d’un concert de David Thibault. De plus, j’ai quelques dates de spectacles prévues au calendrier avant ma rentrée montréalaise prévue à l’automne.
Ce que cela change pour toi, si tu veux la voir sur scène, c’est qu’il y a plusieurs occasions de la découvrir dans des contextes différents. Un lancement d’album, une première partie de concert, un passage en festival : chaque format révèle une facette différente d’une artiste.
Dans la majorité des cas, les premières parties sont aussi un excellent moyen d’entrer dans un univers musical sans filtre. On découvre l’artiste dans une configuration plus directe, souvent plus intime, et c’est exactement le genre de contexte qui convient à Amylie.
En rafale…
Ton endroit préféré pour bruncher? Bagel etc, un resto sympa sur St-Laurent.
Quel artisan québécois encourages-tu? Les enfants sauvages. J’adore leur style flyé mais classy. Cette marque choisit très bien ses tissus et j’adore tout ce qu’ils proposent.
La boutique où tu as envie de tout acheter? Le Jupon pressé. Une boutique que j’adore et qui est située à Québec.
La chanson que tu écoutes en boucle en ce moment? « Went to war » de Amason. Tout l’album est génial, mais cette chanson est un vrai délice.
Peux-tu nous partager trois de tes adresses coup de cœur à Montréal?
1- Le café Larue et fils dans le quartier Villeray.
2- Le restaurant Les Héritiers, un resto français sur Mont-Royal.
3- Je peux-tu dire chez nous? (Rires) J’aime ça être chez moi, dans mon petit confort. Sinon j’aime beaucoup aller voir des spectacles, toutes sortes de shows, n’importe où ?.
Dans cette partie plus spontanée, on retrouve une artiste ancrée dans son quotidien, avec des goûts simples et assumés. Ce genre de réponses humanise beaucoup l’entretien, parce qu’il montre que derrière la musicienne, il y a aussi une personne attachée à ses repères, à ses lieux et à ses habitudes.
Si tu aimes découvrir les artistes autrement que par leurs chansons, ce type de segment est précieux : il donne des adresses, des références culturelles et un aperçu très concret de leur univers. En pratique, c’est souvent ce qui crée le lien le plus direct avec le public.
Toutes les dates de spectacles de Amylie se retrouvent ICI.
N’hésite pas à te rendre à l’Astral pour assister à son lancement officiel, elle y présentera son troisième album Les éclats en intégralité. C’est ouvert à tous et c’est GRATUIT!
Ce qu’il faut retenir de cet entretien
Si tu découvres Amylie ici, le plus important à comprendre, c’est qu’elle avance avec une vraie cohérence artistique. Elle ne cherche pas seulement à refaire ce qui a marché : elle cherche à dire quelque chose de juste. Dans les faits, c’est ce qui donne de la profondeur à son parcours et de la valeur à ce troisième album.
Son approche est simple à résumer : moins d’effets, plus de vérité. Et pour un auditeur, c’est souvent ce qu’on retient le plus longtemps. Une voix forte, des mots bien choisis, des chansons qui regardent le réel sans le surjouer : voilà ce qui fait la différence.
FAQ
Amylie, comment décrirais-tu ce troisième album?
Amylie décrit ce troisième album comme une démarche personnelle. Elle explique qu’elle voulait regarder ce qu’il y a à l’intérieur d’elle et revenir à une forme plus simple. Concrètement, elle s’éloigne des arrangements plus chargés pour revenir à la guitare, la basse et la batterie.
Qu’est-ce que ça déclenche en toi lorsque tu es en processus de création?
La création déclenche chez elle beaucoup de questionnements. Elle dit avoir commencé cet album un peu à reculons, notamment après le succès de « Les Filles ». Dans la pratique, elle a cherché à se recentrer sur ce qu’elle voulait vraiment raconter.
On jase-là, disons que sky is the limit… Avec qui rêverais-tu de collaborer?
Amylie rêverait de collaborer avec Pierre Lapointe, Koriass et Chilly Gonzales. Elle aime l’authenticité, les textes forts et les univers musicaux éclatés. Son choix montre qu’elle cherche des collaborations qui ont du sens, pas seulement des noms connus.
Nomme-moi une chose #funky que tu as déjà faite?
Elle dit avoir récemment tourné un clip pour « L’amour à dos » en sortant de sa zone de confort. Amylie précise qu’elle a fait des choses qu’elle n’avait jamais tentées. C’est un bon exemple de prise de risque artistique, même pour quelqu’un de réservé.
Qu’est-ce qui s’en vient pour toi au cours de la prochaine année?
Amylie annonce le lancement à l’Astral, une première partie aux Francofolies, une autre pour David Thibault et plusieurs dates de spectacles. Elle prévoit aussi une rentrée montréalaise à l’automne. Cela veut dire que son agenda reste bien rempli et très orienté scène.
