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À toi qui fuis tes émotions

J’aimerais ça te parler un peu. J’pense qu’il y a quelque chose qui cloche dans ton bonheur.

Loin de moi l’idée d’avoir l’air d’une grosse névrosée qui écoute du Lana Del Rey pis qui passe ses journées à boire du café aussi noir que son âme, mais j’aimerais ça qu’on se jase un p’tit peu de tristesse.

Parce qu’elle est là. Pis j’imagine que tu le sais, à force de toujours la repousser comme tu le fais si bien. J’peux-tu te donner un p’tit conseil?

On m’a souvent considérée comme étant une personne hypersensible. Les gens avec un peu plus de tact me disaient que j’étais, t’sais, « proche de mes émotions ». En vieillissant, je me rends compte que c’est vrai que j’ai une relation spéciale avec elles, mais j’lui donnerai pas une connotation négative. J’me considère plutôt comme étant privilégiée, en fait.

J’ai pas peur de mes émotions. Je pense que c’est grâce à elles si je vis d’une façon très intense. J’suis droguée au vrai; je m’injecte de la spontanéité. J’ai souvent écouté mon cœur et pas ma raison. Ça m’a fait vivre une méchante balade pis j’ai dérapé pas mal souvent.

Mon ami, je pense que ta façon de vivre est pas saine. Je sais, la société prône un bonheur omniprésent, presque routinier. T’sais, « keep calm and carry on ». On brûle-tu ces mots-là? J’aimerais ça que tu paniques un peu, que tu te pètes une crise de larmes. Tu peux même garrocher tout à terre, j’vais pas dire un mot pis j’vais ramasser tes dégâts. Parce que j’pense que ça te ferait du bien.

C’est bien beau être courageux, être fort, sourire et faire semblant de rire. C’est vrai. D’ailleurs, je t’enlève pas de mérite. C’est pas facile de se battre contre sa nature. Ça doit t’enlever beaucoup d’énergie.

Mais, au risque de te surprendre, t’es un humain. T’es quelque chose de vivant pis ça vient avec un tas de désagréments, notamment des émotions.

Je te fais un sermon parce que ça me fait de la peine que ton « bonheur » soit routinier. J’ai pas envie que tu t’habitues aux fous rires pis j’veux que la première gorgée de ton café continue de te rassurer, encore et encore, et ce, même si tu le prends chaque jour. Laisse le banal enfermé dans sa réalité et laisse-toi surprendre, laisse-toi envahir.

Ça fait peur, hein, perdre le contrôle.

Ces émotions, elles sont là pour une raison. Elles sont les messagères du cœur qui viennent chuchoter un message à ta raison. Fais-moi plaisir, écoute-les, s’il te plaît.

J’te dirai pas que t’es bête. J’te dirai pas que « t’as pas de raison d’être fâché ». J’te dirai jamais de te calmer pis encore moins d’aller te coucher parce que t’es juste fatigué.

J’vais juste me tirer une bûche et te verser une tasse de café. On écoutera la pluie ensemble pis on se questionnera sur l’humanité. Pis la pire chose que je vais faire, c’est entourer ton p’tit cœur d’une couverte de laine et lui faire savoir que c’est correct d’avoir quelque chose à dire.

Par Amélie Savard

Marie Lortie

Source photo de couverture : Unsplash

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