from-italy.com
Blog

Apprendre à redéfinir le contrôle et le positif

Mi-mars 2019, je suis en vacances. Une petite semaine qui va me faire beaucoup de bien, car les dernières semaines ont été intenses au boulot. Première journée de mes vacances, BAM.

Annonce de l’ampleur de la situation reliée au COVID-19.

Annonce de la fermeture de tous les services non-essentiels.

Annonce de la pandémie en devenir.

BAM.

Et RE-BAM.

La deuxième journée de mes vacances, j’étais déjà de retour au bureau. Travaillant dans le domaine des services sociaux, nous devions discuter des mesures que nous allions mettre en place pour maintenir certains services. Depuis cette réunion, nous sommes en télétravail et le demeurerons au minium jusqu’à la fin mai.

J’habite seule. Dès les premières journées, le confinement m’a rentré dedans! J’ai perdu quelques journées à ne rien faire sur mon divan et à seulement être envahie par la situation. J’attendais qu’on arrête de simplement me dire ce que je ne pouvais plus faire et j’espérais qu’on allait me dire quoi faire avec cette patate chaude dans mes mains. Puis, quelques jours après avoir passé le choc, j’ai compris que ce que je trouvais le plus difficile dans la situation était de ne pas avoir le contrôle sur rien, alors que c’est quelque chose de très sécurisant. Et disons, qu’en temps de pandémie, les possibilités de contrôle se font rares.

Ne plus pouvoir sortir quand on veut.

Ne plus voir nos familles et nos amis(es) quand on veut.

Ne plus se sentir en sécurité en allant simplement marcher ou acheter du lait.

Ne plus…

Puis, à un moment, j’ai arrêté de compter tous les « je ne peux plus » et j’ai décidé de multiplier la liste de tout ce que « je peux faire ». Ça m’a amené à reprendre le contrôle, car au final, j’ai compris que tout ce que je peux contrôler, c’est comment je vois le confinement. Alors, j’ai décidé de dresser une liste de tout le positif que cette période m’a amené :

L’essentiel a retenir : quand tu traverses une période de confinement, d’incertitude ou de perte de contrôle, te concentrer sur ce que tu peux encore maîtriser aide à retrouver de l’apaisement. Cette approche ne nie pas la difficulté, mais elle te redonne une prise concrète sur ton quotidien.

  • Remplacer les “je ne peux plus” par les “je peux encore” change ton état d’esprit.
  • Une routine simple aide à retrouver du calme et de la structure.
  • Prendre soin de ta santé mentale et physique devient une priorité utile.
  • Le confinement peut aussi révéler des besoins ignorés : repos, ralentissement, introspection.
  • Les liens sociaux restent possibles autrement, même à distance.
  • Accepter de ne pas être parfait allège la pression au quotidien.

Ce que le confinement change concrètement dans ta façon de vivre

Si tu es dans cette situation, tu te rends vite compte que le plus dur n’est pas seulement l’isolement. C’est surtout la sensation de ne plus décider de grand-chose. Dans la pratique, cette perte de contrôle peut te fatiguer mentalement, te rendre plus anxieux(se) et te donner l’impression de subir les journées au lieu de les vivre.

Concrètement, le confinement bouleverse les repères les plus simples : les sorties, les rencontres, les habitudes de travail, les loisirs, les courses, les moments de détente. Ce que cela implique, c’est que ton cerveau doit s’adapter très vite à une nouvelle réalité sans avoir tous les outils. C’est normal de ressentir du choc, de la frustration ou de la lassitude.

Le piège, c’est de croire que tu dois “bien vivre” cette période du premier coup. En réalité, l’adaptation se fait souvent par étapes : d’abord l’incompréhension, ensuite la résistance, puis l’ajustement. Et c’est seulement après que tu peux commencer à reprendre un peu de souffle.

Pourquoi la perte de contrôle pèse autant

On sous-estime souvent à quel point le contrôle est rassurant. Avoir un minimum de maîtrise sur son agenda, ses déplacements, ses relations et ses habitudes donne une sensation de sécurité. Quand tout cela disparaît, l’esprit se met en alerte.

Dans les faits, plus tu essaies de lutter contre ce que tu ne peux pas changer, plus tu t’épuises. C’est pour ça que beaucoup de personnes se sentent vidées pendant une période de confinement : elles dépensent de l’énergie à regretter l’ancien fonctionnement plutôt qu’à construire un nouveau cadre.

Ce que cela change pour toi, c’est que la vraie question n’est pas “comment retrouver exactement la vie d’avant ?”, mais “qu’est-ce que je peux encore organiser, choisir et améliorer aujourd’hui ?”.

Passer des “je ne peux plus” aux “je peux encore”

Le déclic arrive souvent quand tu arrêtes de lister les interdictions et que tu regardes ce qui reste possible. C’est une bascule très simple, mais puissante. Elle ne fait pas disparaître la difficulté, par contre elle t’aide à sortir du sentiment d’impuissance.

Dans la pratique, tu peux faire le même exercice que dans le texte : écrire deux colonnes. À gauche, ce qui te manque. À droite, ce qui reste accessible. Tu verras souvent qu’il reste plus de choses que tu ne le pensais : appeler quelqu’un, marcher, cuisiner, ranger un coin de ton logement, lire, bouger, apprendre, ralentir.

Si tu rencontres ce problème, commence petit. Inutile de vouloir transformer toute ta vie en une journée. Choisis une seule action concrète par domaine : un appel, une marche, un repas plus équilibré, dix minutes de respiration, un moment de repos sans culpabilité. C’est souvent cette régularité qui redonne de la stabilité.

Les bénéfices possibles d’une période de confinement

Le confinement n’a rien d’agréable en soi, mais il peut révéler des choses utiles sur toi. C’est souvent dans ces périodes que l’on découvre ce qui compte vraiment, ce qui fatigue inutilement et ce qui mérite d’être gardé après coup.

Une routine plus simple et moins épuisante

Quand le rythme ralentit, tu peux retrouver de l’espace mental. Moins de déplacements, moins de pression sociale, moins d’obligations inutiles : dans certains cas, cela permet de souffler enfin. Beaucoup de personnes constatent qu’elles dorment mieux, qu’elles courent moins et qu’elles récupèrent un peu d’énergie.

Une meilleure attention à ta santé mentale

Cette période peut aussi te forcer à regarder ce que tu repoussais depuis longtemps. Anxiété, surcharge, solitude, fatigue émotionnelle : tout remonte plus vite quand le bruit extérieur baisse. Et même si c’est inconfortable, c’est parfois l’occasion de demander de l’aide, de mettre des mots sur ce que tu ressens ou d’adopter de nouvelles habitudes plus saines.

Un rapport plus réaliste à la performance

Beaucoup de gens se rendent compte qu’ils se mettaient une pression énorme avant. Le confinement montre que tu peux vivre sans être constamment productif(ve), maquillé(e), impeccable ou disponible pour tout le monde. Dans la majorité des cas, cette prise de conscience fait du bien, parce qu’elle remet les attentes à un niveau plus humain.

Comment garder un équilibre au quotidien

Si tu veux transformer cette période en quelque chose de plus supportable, l’idée n’est pas de tout optimiser. Il faut surtout recréer quelques repères solides. C’est ce que les professionnels observent généralement : les personnes qui tiennent mieux dans la durée sont souvent celles qui gardent une structure simple.

  • Garde une heure de lever approximative, même si tes journées sont différentes.
  • Prévois un vrai moment pour bouger, même court.
  • Reste en contact avec tes proches de façon régulière, pas seulement quand ça va mal.
  • Réduis ce qui t’épuise, y compris certaines sources d’info si elles t’angoissent trop.
  • Prépare des repas simples et satisfaisants plutôt que de viser la perfection.
  • Autorise-toi à avoir des journées moins productives sans te juger.

Dans la pratique, ce sont ces petits ajustements qui font la différence. Ils ne règlent pas tout, mais ils évitent que les journées se ressemblent toutes dans le vide.

Les erreurs fréquentes à éviter

La première erreur, c’est de vouloir rester “fort(e)” en permanence. En réalité, reconnaître que tu vas moins bien par moments n’est pas un échec. C’est souvent le premier pas vers un meilleur équilibre.

La deuxième erreur, c’est de te comparer à des gens qui vivent la période autrement. Si quelqu’un profite du confinement pour créer, ranger, s’entraîner ou apprendre une langue, ça ne veut pas dire que tu dois faire pareil. Ton contexte, ton énergie et ton vécu comptent aussi.

La troisième erreur, c’est d’attendre un grand déclic avant d’agir. Dans les faits, le mieux est souvent de lancer une petite action concrète maintenant, même imparfaite. Une marche, un appel, un repas plus sain, une douche, un coin rangé : ça paraît simple, mais ça remet du mouvement là où tout semblait figé.

Ce que cette période peut t’apprendre sur toi

Avec du recul, beaucoup de personnes découvrent qu’elles supportent mieux la solitude qu’elles ne l’imaginaient, ou au contraire qu’elles ont besoin de plus de lien qu’elles ne le pensaient. Le confinement agit un peu comme un miroir : il amplifie ce qui est déjà là.

Tu peux aussi y voir plus clair sur tes habitudes. Est-ce que tu te surcharges trop ? Est-ce que tu t’oublies ? Est-ce que tu confonds performance et valeur personnelle ? Est-ce que tu prends vraiment soin de toi ou seulement quand tu as “le temps” ?

Ce que cela implique, c’est que cette période peut devenir un point de départ. Pas parce qu’elle est agréable, mais parce qu’elle t’oblige à faire le tri entre l’essentiel et le reste.

FAQ

Pourquoi le confinement est-il si difficile à vivre ?

Le confinement est difficile à vivre parce qu’il réduit les repères et donne une impression de perte de contrôle. Dans la pratique, cela peut augmenter le stress, l’angoisse et la fatigue mentale. Plus l’incertitude dure, plus il devient important de recréer une routine simple.

Comment reprendre le contrôle pendant le confinement ?

Tu peux reprendre le contrôle en te concentrant sur ce que tu maîtrises encore. Commence par une petite routine, une activité physique légère, des contacts réguliers avec tes proches et une liste de choses que tu peux faire. L’objectif n’est pas de tout régler, mais de retrouver une prise concrète sur ton quotidien.

Comment rester positif pendant une période de confinement ?

Rester positif ne veut pas dire nier ce qui est difficile. Cela consiste plutôt à repérer ce qui peut encore t’aider : du repos, du lien, du mouvement, des projets simples. En pratique, noter chaque jour une ou deux choses qui t’ont fait du bien peut changer ton regard.

Que faire quand on se sent seul(e) pendant le confinement ?

Quand tu te sens seul(e), le plus utile est de garder un lien régulier avec une ou deux personnes de confiance. Un appel vidéo, un message vocal ou une courte conversation peut déjà alléger le sentiment d’isolement. Si la solitude devient trop lourde, il faut aussi envisager un soutien professionnel.

Est-ce normal de ne rien faire pendant quelques jours ?

Oui, c’est normal, surtout au début d’une période choc. Ton corps et ton esprit peuvent avoir besoin de retomber après une surcharge émotionnelle. Le point important, c’est de ne pas rester bloqué(e) trop longtemps et de relancer doucement une structure minimale.

Comment éviter de culpabiliser quand on n’est pas productif ?

Tu peux éviter cette culpabilité en changeant ton critère de réussite. Au lieu de mesurer ta journée à ce que tu as “produit”, regarde si tu as pris soin de toi, gardé un minimum d’équilibre ou fait une chose utile. Dans beaucoup de cas, c’est plus réaliste et plus sain.


Puis, à un moment, j’ai arrêté de compter tous les « je ne peux plus » et j’ai décidé de multiplier la liste de tout ce que « je peux faire ». Ça m’a amené à reprendre le contrôle, car au final, j’ai compris que tout ce que je peux contrôler, c’est comment je vois le confinement. Alors, j’ai décidé de dresser une liste de tout le positif que cette période m’a amené :

  • En ayant une routine différente, j’ai plus de temps, je suis moins à la course;
  • Étant moins à la course, je peux prendre plus de temps pour mes proches, donc je Facetime ma famille 1 à 2 fois par semaine;
  • J’ai continué à avoir des soirées avec mes amies, en les voyant sur l’écran. Ce n’est pas pareil, mais on rit toujours autant;
  • On apprend à démontrer notre amour et notre affection différemment aux autres;
  • Ce qui m’a amené à débuter une « chaîne de surprises » avec mes amies. Chacune à tour de rôle, on allait se porter des surprises, des petites douceurs pour mettre du soleil dans nos journées. Tout en respectant les normes, évidemment!
  • N’ayant plus autant de possibilités de hobby, je me suis priorisé;
  • Je me permets de prendre soin de ma santé mentale;
  • J’ai repeint mon appartement à mon goût;
  • J’apprends à ralentir;
  • J’apprends à rectifier ma définition de la « performance »;
  • J’apprends à lâcher prise;
  • J’apprends à gérer mon anxiété d’une façon différente;
  • Je priorise ma santé physique aussi. Malheureusement, elle a été souvent relayée au dernier plan;
  • M’étant laissé un peu plus aller côté alcool et nourriture depuis le début du confinement, je me suis reprise et je cuisine et mange bien. Je bois de l’alcool plus modérément et je remarque l’impact positif sur moi;
  • Je me suis mise doucement au yoga;
  • Je prends de longues marches beaucoup plus régulièrement;
  • Je perds du poids et je me sens plus en forme;
  • Je fais face à mes démons, parce que t’sais, toute seule en appartement, tu as le temps en masse de t’introspecter et d’être confrontée à qui tu es;
  • J’ai aussi appris à connaitre un homme très intéressant, doucement et d’une tout autre façon. Nous nous fréquentions avant la pandémie, mais nous devions trouver le temps de se parler. Nous sommes plus à fleur de peau parfois, plus vulnérable avec la situation actuelle. Pis ça, je trouve ça beau, car on ne peut pas toujours être en mode séduction et se montrer sous son meilleur jour;
  • Je me suis rapproché de certaines personnes qui me font du bien;
  • J’en profite pour cheminer et travailler sur mon développement personnel;
  • J’apprivoise la solitude plus facilement que je ne l’aurais cru et j’en suis fière;
  • Je me permets de ne pas être « parfaite », que mon ménage ne le soit pas non plus et encore moins mes cheveux;
  • Je ne me maquille pratiquement plus ces temps-ci et ma peau n’a pas été aussi belle depuis un bon bout;
  • Mes ongles sont plus en santé que jamais…. Et ça, aucune idée pourquoi, c’est encore un mystère;
  • Etc…

Je pourrais prolonger cette liste encore, mais l’essentiel, pour moi, s’y retrouve. Et pour tout ça, je suis reconnaissante. C’est vrai, qu’en cette période, on a très peu d’options, certes, et il est important de l’accepter. Mais, il faut aussi prendre conscience qu’on a toute la liberté pour rendre ces options totalement merveilleuses.

Tant qu’à avoir été confiné depuis si longtemps, aussi bien que cette période soit profitable en positif, sur tous les plans que tu souhaites.

Pis toi, tu mets quoi dans ta liste ?

Source

Autres articles

Première du show Solo de Fanny Bloom

adrien

Lancement du Festival Québec Mode – Par Mary Lynn

adrien

Le Mexique autrement (suite)

adrien

Ces amitiés que l'on brise

adrien

La saison des mélomanes, des festivals

adrien

Juste pas la bonne

adrien