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Je ne veux pas devenir maman

Ben oui, c’est pas une très grande nouvelle que je risque de t’apprendre : je ne veux pas d’enfants, je ne veux pas être maman. Ne crois surtout pas que c’est parce que j’ai une peur irrationnelle de tomber enceinte et que l’accouchement me fasse vivre un calvaire (ça, je le sais, mais je pense bien que je pourrais get over it si ce n’était que d’ça, t’sais). Non. Je parle bien de ma peur d’être maman.

Donner naissance à sa progéniture est vraisemblablement un long-term commitment dans le sens où le titre de maman implique non seulement une tonne de responsabilités, mais aussi tellement de temps, d’argent et d’amour envers autrui. En effet, ma plus grande crainte n’est pas d’être incapable de subvenir à ses besoins matériels, mais plutôt ses besoins émotionnels. Ce qui est véritablement irrationnel dans ma peur d’être mère c’est de ne jamais être en mesure d’éprouver le sentiment d’attachement aussi intense qui lie deux êtres, communément appelé l’amour.

J’ai juste tellement de difficultés à me voir élever un enfant d’ici un avenir relativement rapproché. Parce qu’on s’entend qu’être mère rime indéniablement avec dévouement, altruisme et bienveillance ; or, ma personnalité s’abstrait de ces qualités. Ne croyez pas que j’ai vécu une enfance terrible, car au-delà du fait que j’ai été adoptée, mes parents adoptifs m’ont toujours supportée et plus particulièrement, j’ai toujours été choyée par notre complicité. Autrement dit, mes parents sont loin d’être ceux qui m’ont inspirée à mettre une croix sur l’idée d’avoir un enfant. Au contraire, j’aurais envie de faire comme eux et d’adopter un enfant provenant d’un pays plus démuni né au sein d’une famille qui ne peut malheureusement le garder à leurs côtés de sorte à ce qu’il puisse avoir une seconde chance dans la vie. Sauf que le problème persiste : et si jamais je n’étais pas à la hauteur ?

Traitez-moi d’égoïste ou de lâche, car selon vous, ce sont des motifs dignes d’un individu nombriliste, voire narcissique. Mais sachez que ça me fait de la peine de vivre dans cette peur aussi peu commune à laquelle mon entourage tente de me rassurer en me prononçant ces quelques sages paroles : « Voyons, tu es encore si jeune ! Tu as le temps de changer d’idée » ou encore « Tu n’as pas encore rencontré la bonne personne, t’sais, celle qui te donnera envie du contraire ». Eh oui, ça me rend triste puisque j’ai l’impression d’être différente des autres filles de mon âge qui ne rêvent que d’avoir 2, 3 enfants et qui listent déjà quelques dizaines de possibilités de noms à leur donner. Ça me rend triste aussi puisque je sais pertinemment que je serai jugée lorsque je franchirai le cap des 40 ans et que j’aurai passé à côté du « plus grand don de la femme », celui de donner la vie.

Bref, inutile de me rappeler mon jeune âge ou de la naïveté qui découle de mon manque d’expérience. Je ne veux quand même pas devenir maman.

Source de la couverture

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