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Merci 2022? 

Je n’ai aucun souvenir de mon début d’année : ni où j’étais, ni avec qui j’étais.

J’imagine que j’ai commencé l’année dans un trou noir.

Je me souviens uniquement de ceux avec qui j’aurais aimé être pour défoncer 2015, ceux avec qui je n’étais pas. Je me souviens avoir voulu être ailleurs – alors que j’aurais dû être bien, là où j’étais. Pis d’un texto et de quelques messages Facebook qui m’ont happée et qui m’ont replongée un peu plus creux dans l’banc neige de ce début d’année

J’aurais dû être bien pourtant. Mais dans l’buffet de début d’année, j’ai mangé trop d’émotions. J’étais rendue trop loin en moi, dans mes petits chagrins, pour reconnaître la présence des autres autour de moi. S’il n’est pas trop tard, je le fais ici – merci.

Sans doute que si je voulais être ailleurs, c’était pour être un peu plus longtemps avec ceux dont le départ était annoncé. J’ai traversé janvier à la course, sur les chapeaux de roues, déjà à redouter ce qui allait se passer, ce qui s’annonçait.

Je me souviens du mois de janvier comme celui de ma fête, de Paddington, de Jersey Boys pis de My Eyes Adored You.

Puis février est arrivé avec ses grands départs. Un mois de paralysé et de perdu. J’me dis que, même en 2015, y’a des choses qui ne sont pas faites pour être dites par crainte de voir toute sacrer l’camp. Comme quand une fine couche de neige tombe sur le trottoir et que tu hésites à marcher dessus pour pas l’entacher.

En ce début de 2015, j’me suis fait happer ben raide par l’inconnu pis il m’a laissée stone et ben sonnée sur un trottoir de la Basse-Ville de Québec.

L’inconnu – ou ben donc que c’était changement — cognait à la porte.

Ben oui, toé.

2015, la grande année du changement.

Je me souviens surtout du sentiment du temps qui commençait à me manquer. Mon unique et principale préoccupation : comment passer le temps, comment attendre, comment oublier, arrêter de vivre et attendre que le temps reprenne, plus tard, quand les choses reviendront à la normale.

Le temps est devenu mon meilleur ennemi. À 28 ans, les gens, les évènements et les choses ont commencé à m’échapper. Et si ça m’échappait avant – sans doute, oui – je ne le remarquais pas. Je ne remarquais pas, avec autant d’embarras, les absences et les blancs que cela laissait en moi.

J’ai pas su quoi faire de moi.

Le printemps — (…) 

(…)

Si je peine à me souvenir de l’hiver, j’en ai encore plus à me souvenir du printemps.

Je me souviens avoir été seule – et l’avoir voulu ainsi.

(…)

Un besoin viscéral d’être seule avec moi – parce que les autres m’éparpillaient.

(…)

Je me souviens surtout d’avoir couru tous les jours. Trop souvent. Jusqu’à l’épuisement.

(…)

Les écouteurs sur la tête, la musique assourdissante dans mes oreilles pis ma respiration saccadée, mon pouls qui bat mon épuisement. Jusqu’à l’épuisement, avoir un moment, pour mettre mes pensées en sourdine.

(…)

J’ai couru à m’en faire mal, à marcher croche des jours entiers – changer le mal de place.

(…)

Avoir besoin d’être seule avec moi – pis me tomber sur les nerfs une fois seule.

(…)

Se sentir seule et attendre.

Y’a eu beaucoup d’attente.

J’ai attendu longtemps que quelque chose se passe, se produise. Pas que j’attendais quelqu’un ni quelque chose de ben précis. Non. Y’avait juste une rage que quelque chose arrive, que quelque chose me remette su’a track.

Su’a track un peu croche de ma vie – je ne déraillais pas, pourtant.

(…)

En attendant, j’ai couru jusqu’à l’été, dans l’espoir que ça arrive plus vite. Parce que l’été est devenu ma nouvelle fin : les vacances.

L’été – lointain

Ce qui est bien avec l’été, c’est que, passé le mois de juin, il y en a plus derrière nous qu’il n’en reste à venir.

Ç’a été ma première victoire sur le temps – je l’ai enfin devancé.

Et en vacances, sur le bord de la plage, le temps ne compte plus. Il n’existe — simplement — plus. La notion d’horaire, elle-même, n’est pas parvenue jusqu’en Caroline du Sud.

Ni à Vancouver, non plus : j’pense qu’avec le décalage horaire, le temps s’est perdu. Ça m’a permis de reprendre là où j’avais arrêté en février.

En un mois, j’ai mis mes pieds dans l’Atlantique pis le Pacifique. Check! C’est dans cet entre-deux que je suis revenue à moi-même.

J’pense que ç’a été ça, cet été.

La force de trouver du courage pour les petites choses dans ma vie.

Le courage, c’est pas grand. Pas aussi grand qu’on le dit – peut-être ben que j’écris ça juste pour m’en donner un peu plus, encore à cette heure.

Et si j’ai eu du courage à peu près partout, j’ai pas eu l’audace que je me souhaitais. J’ai pas osé jusqu’au boutte. J’ose pas toute et autant : faut croire que même l’été venu, y’a en moi une couche de neige délicate qui demande à être préservée.

Crime que j’ai eu envie d’aimer – pis j’aimais. Vraiment, sincèrement, ouverte pis toute. Sans doute une de mes envies les plus fortes et incomplètes de l’été. Mais c’est une envie que j’ai découverte sur le tard – trop tard pour la comprendre et la concrétiser.

C’est sans doute le seul endroit où je me suis laissée aller en amour.

J’aurais aimé plus de laisser-aller-tomber. Mur à mur, je me souviens m’être dit : voyons décroche. Tout ce que l’été apporte d’éphémère et nous promet d’oublier, rien, rien a fait son effet. J’imagine que sourire et parler à des gens à qui je n’aurais jamais souri ni parlé avant, c’était déjà beaucoup.

Peu à peu, les manques se sont comblés. À la place des noms des autres, j’ai remis mon nom en haut de la liste. Je me suis redonné le droit à moi-même, à mes projets, à mes sentiments.

Ç’a duré un temps – ça faisait partie de ce que l’été apporte d’éphémère.

L’automne – pardon? 

Crime que je l’ai attendu – même si j’étais plus supposée rien attendre de la vie, ni de personne. Je l’ai attendu. Pis une fois revenue, j’ai paniqué devant mon audace toute relative et ma petite poche de courage – je me suis dégonflée. Maudite balloune.

J’ai culpabilisé.

Pour toute. De A à Z.

J’m’en suis voulu pour à peu près toute ce que j’ai dit ou pu faire.

T’en oublies d’être fière, rien qu’un peu. En fait, chaque fierté a été ternie, amoindrie et cachée.

Un automne de culpabilité où j’ai dû apprendre à me pardonner à moi. Synonyme de simplement ne pas m’en vouloir pour ce que je suis.

Conséquences obligées de l’été.

Je n’y suis pas encore. Pas du tout, en fait. Encore souvent, je me couche et je m’en veux pour une foule de petites – et grandes – choses.

J’suis devenue plus sensible aux silences, aux erreurs, aux intonations des autres. Au moindre geste.

J’aurais eu besoin de certains autres qui ont déserté. Et que je n’ai pas appelé.

Toute seule, en haut de sa liste, c’est dur de trouver le courage.

J’ai regardé en arrière et par en bas.

Y’a eu aucun équilibre.

J’ai pas le sens ni la notion d’équilibre.

C’est dur, ce choix d’être seule, quand y’a personne pour te donner le contrepoids.

Mais j’apprends à laisser le soleil se coucher plus tôt que moi.

Dans l’noir, c’est moins visible.

L’hiver (2) — réconciliation

Les grands changements se sont opérés.

2015 a été une grande année. Grande pour ne pas dire exigeante, dure et surprenante. Une année dévorante, où j’ai mangé plus que mon lot d’émotions, et où je suis allée loin en moi.

Des grands changements invisibles.

Une opération toute intérieure, en profondeur en moi.

Je n’ai plus la rage ni la peur au ventre. Passé l’hiver.

Je n’ai plus le besoin d’oublier. Derrière le printemps.

Je n’ai plus le besoin de la folie et de la suraction. Terminé l’été.

Je n’ai plus besoin de pardonner ni de me pardonner, comme j’ai tenté de le faire – l’automne est tombé avec les dernières feuilles.

À cette heure tardive, je suis calme.

Le calme après la tempête – j’aurais aimé m’épargner, être plus forte et solide, plus vraie et plus entière. J’en ai marre des chemins de misères, de la misère qui s’abat sur le pauvre monde.

Le calme, c’est rien – rien d’autre que la facilité d’aller vers le vide, l’absence, l’inutile, la futilité, l’abandon. Première fois que je mets ces mots dans ma vie.

Le calme, c’est rien, mais c’est grand et immense, une fois qu’il est là.

Et c’est sans doute plus que je ne pouvais espérer.

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