J’ai écrit ce texte la semaine dernière, à 3 h du matin, alors que j’étais dans un down d’anxiété. Parce que oui, quand tu vis avec un trouble anxieux, il peut y avoir des périodes où tout semble aller mieux, puis une rechute arrive d’un coup, sans prévenir. C’est souvent ça qui déstabilise le plus : l’impression d’avoir retrouvé un équilibre, puis de sentir à nouveau la peur, la tension et les pensées qui tournent en boucle. Aujourd’hui, ça va mieux, mais je voulais partager ce moment tel qu’il est, parce que si tu es dans cette situation, tu n’es probablement pas en train de “dramatiser” : tu traverses peut-être une vraie poussée anxieuse, intense mais temporaire.
L’essentiel a retenir : une rechute d’anxiété peut survenir même après une longue période d’accalmie, sans que cela remette tout en cause.
- Une crise ou rechute anxieuse peut être courte, mais très intense.
- Le fait d’aller mieux pendant des mois n’empêche pas un retour temporaire des symptômes.
- Les pensées en boucle, la sensation de perte de contrôle et le vertige émotionnel sont fréquents.
- Se comparer aux autres ou imaginer leurs drames peut amplifier l’angoisse.
- Le plus important est d’identifier la rechute, de ralentir et de demander du soutien si besoin.
J’viens juste de revivre 100 000 autres vies en une seconde (Dédé Fortin)
Tu te demandes sûrement pourquoi l’anxiété donne parfois l’impression de vivre mille choses à la fois. Dans la pratique, ce n’est pas juste “être stressé” : c’est souvent un cerveau en hypervigilance, qui capte tout, anticipe tout et transforme le moindre signal en alarme. Concrètement, ça peut te faire passer d’un état presque normal à un état de saturation en quelques minutes, avec le cœur serré, la gorge nouée, les pensées qui partent dans tous les sens et cette sensation très pénible de ne plus te reconnaître.
Je ne sais même pas si je trouve ma vie plate et sans intérêt ou si je la trouve trop intense, trop pleine, trop lourde. Ce va-et-vient entre le vide et l’excès est fréquent quand on traverse une période anxieuse. Dans ton cas, tu peux avoir envie d’être “neutre”, calme, presque beige, juste pour ne plus ressentir cette oscillation permanente. Et c’est justement là que l’anxiété fatigue autant : elle ne se contente pas de faire peur, elle épuise aussi mentalement.
Ben non, mon cœur est trop gros pour mon corps… ou est-ce l’inverse ? Cette impression de débordement émotionnel est très classique. Dans les faits, quand l’anxiété monte, tout prend plus de place : une pensée, une sensation physique, un souvenir, un bruit, un regard. Ce que cela change pour toi, c’est que tu peux avoir l’impression d’être “trop sensible” ou “pas assez solide”, alors qu’en réalité ton système nerveux est simplement surchargé. Ce n’est pas un manque de volonté.
Le vertige vient souvent aussi du regard que tu portes sur le monde autour de toi. Si tu es dans cet état, tu peux te mettre à imaginer mille scénarios sur les autres : la voisine qui vit une rupture, la personne dans l’autobus qui reçoit une mauvaise nouvelle, quelqu’un qui subit de la violence sans que rien ne paraisse. Cette lucidité douloureuse, très présente dans les périodes d’anxiété, peut te donner l’impression que tout le monde souffre en silence pendant que toi tu es figé sur ton divan. En pratique, ce n’est pas de la faiblesse : c’est souvent un mélange d’empathie, de rumination et de surcharge émotionnelle.
Pourquoi cette sensation de “perdre le contrôle” est si forte
Quand l’anxiété s’installe, le cerveau cherche à reprendre la main en analysant tout. Le problème, c’est qu’il analyse trop. Résultat : tu peux ne plus savoir si tu penses trop, si tu ne penses plus assez, si tu ressens trop ou pas assez. Cette confusion est fréquente dans les troubles anxieux, surtout lors d’une rechute. Dans la majorité des cas, le premier réflexe utile n’est pas de “résoudre” toutes les pensées, mais de revenir à quelque chose de concret : respirer plus lentement, t’asseoir, boire de l’eau, nommer ce que tu ressens, et réduire les stimulations autour de toi.
Les erreurs fréquentes à éviter quand l’anxiété remonte
On constate souvent que les personnes anxieuses se piègent elles-mêmes avec des réflexes qui aggravent la situation. Par exemple :
- se forcer à aller “comme si de rien n’était” alors que le corps est en alerte ;
- se juger durement parce qu’on rechute après une période stable ;
- chercher une explication parfaite à l’angoisse au lieu de calmer le système nerveux ;
- se comparer aux autres et minimiser sa propre souffrance ;
- rester seul trop longtemps avec ses pensées.
Concrètement, si tu rencontres ce problème, il faut surtout éviter de conclure que “tout recommence à zéro”. Une rechute n’efface pas les progrès déjà faits. Elle indique plutôt que ton système est fragile en ce moment et qu’il a besoin de soutien, de repos ou d’un ajustement de ton accompagnement.
Et toujours, toujours se demander pourquoi c’est moi qui ai gagné à la loterie des maladies mentales. Cette phrase résume bien le sentiment d’injustice que beaucoup ressentent. Dans la vraie vie, personne n’a “mérité” son trouble anxieux. Ce n’est ni un défaut moral ni une punition. Si tu hésites encore à demander de l’aide, retiens surtout ceci : plus tu attends en espérant que ça passe seul, plus la souffrance peut s’installer. À l’inverse, en parler tôt à un professionnel, à un proche de confiance ou à une ligne d’écoute peut vraiment faire la différence.
Si tu es dans une phase comme celle-là, le plus utile est souvent de revenir à l’essentiel : dormir, manger un peu, réduire les sources de surcharge, t’entourer, et consulter si les symptômes deviennent envahissants ou reviennent souvent. Ce que ça change pour toi, c’est que tu ne restes pas seul face à quelque chose qui mérite d’être pris au sérieux.
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FAQ
J’viens juste de revivre 100 000 autres vies en une seconde
Cette sensation correspond souvent à une montée d’anxiété intense, avec pensées accélérées et surcharge émotionnelle. Elle peut donner l’impression d’être submergé en très peu de temps. Si cela se répète, il est utile d’en parler à un professionnel.
Je sais même pas si je trouve que ma vie est plate et sans intérêt ou si je trouve qu’elle l’est trop, pourquoi dois-je toujours être aux antipodes, j’aimerais ça être neutre un jour dans ma vie être flat, plate, beige comme un mur de chambre d’hôpital pas rénové depuis 1988.
Cette impression d’être tiraillé entre le vide et l’excès est fréquente quand l’anxiété fatigue mentalement. Le cerveau cherche alors un état de calme durable, sans y parvenir facilement. Revenir à des repères simples peut aider à réduire cette sensation d’oscillation.
Ben non mon cœur est trop gros pour mon corps ou est-ce l’inverse, pourquoi tant d’émotions tant de feu tant de neige brûlante qui se promènent à leur guise dans mes vaisseaux sanguins. Quoi de pire que de perdre le contrôle de déraper je sais même pas si je pense trop ou si je pense pu ai-je trop d’émotions ou pas du tout. J’aimerais être inébranlable, mais tout m’atteint et tout me hante pendant des jours et des nuits entières. Regarder le plafond et ressentir le temps passer, chaque seconde dans mes oreilles et chaque heure dans mes yeux.
Cette phrase décrit très bien la surcharge émotionnelle et la perte de repères qu’on peut ressentir en période d’anxiété. Le sentiment de perdre le contrôle est réel, même s’il est temporaire. Dans ces moments-là, des gestes concrets comme ralentir, s’isoler du bruit et demander du soutien peuvent aider.
Ça me donne le vertige de penser à tout ce que les gens vivent autour de moi, peut être que ma voisine vit la plus grosse rupture de sa vie peut-être que la blonde dans l’autobus vient d’apprendre qu’elle est enceinte la rousse à côté d’elle se fait battre à chaque criss de jour que le bon Dieu amène. Pendant ce temps-là je suis assise sur mon divan beige trop mou pis ça m’étourdit ça me fige ça me bloque.
Cette réaction traduit souvent une forte empathie mêlée à de la rumination. Imaginer la souffrance des autres peut accentuer l’angoisse et la sensation d’être figé. Revenir à ce qui est concret autour de toi aide souvent à casser cette spirale.
Et toujours toujours se demander pourquoi c’est moi qui ai gagné à la loterie des maladies mentales, avoir su j’aurais pas dû prendre l’extra ce mardi-là.
Cette phrase exprime surtout le sentiment d’injustice que beaucoup ressentent face à un trouble anxieux. Tu n’as pas choisi d’avoir ce problème, et il ne dit rien de ta valeur. Si les symptômes reviennent souvent, un accompagnement adapté peut vraiment aider.
