Citizen Vintage, c’est l’histoire de Becky et Lara, deux entrepreneures montréalaises qui ont bâti une boutique vintage devenue une vraie référence dans le Mile-End. Depuis 2011, elles sélectionnent des vêtements et accessoires vintage pour hommes et femmes, tout en développant une ligne maison faite à la main et des créations originales produites dans leur studio de Montréal.
Si tu t’intéresses au vintage, à la seconde main ou à l’ouverture d’une boutique de vêtements, leur parcours est particulièrement parlant : elles ont commencé par des pop-up shops, ont affiné leur offre au fil du temps, puis ont construit une marque reconnaissable, à la fois locale, créative et cohérente. Ce qui fait leur force, ce n’est pas seulement le style des pièces, c’est aussi la sélection, la rareté et la capacité à transformer des vêtements anciens en produits désirables et actuels.
L’essentiel a retenir : Citizen Vintage s’est développée à partir de pop-up shops, avec une offre vintage soigneusement sélectionnée, une ligne maison exclusive et une forte identité montréalaise.
- La boutique existe depuis 2011 dans le Mile-End à Montréal.
- Les pièces vintage sont choisies avec attention pour leur style et leur qualité.
- Les créations maison sont faites à la main et produites en petites quantités.
- Les vêtements vendus sur Etsy et en boutique ne sont pas toujours les mêmes.
- Le sourcing se fait à Montréal, au Québec, mais aussi parfois aux États-Unis et en Ontario.
- Le fit est essentiel en seconde main, car les coupes anciennes diffèrent souvent des standards actuels.
- La marque mise aussi sur des collaborations locales et sur des projets créatifs comme la section mariage.
Fabcrep: Comment l’aventure Citizen Vintage a-t-elle commencé?
Becky et moi nous sommes rencontrées en faisant des pop-up shops. En se parlant et en passant du temps ensemble, on s’est rapidement aperçues qu’on s’entendait vraiment bien! Pendant 1 an, on a continué à faire des pop-up qui ont eu beaucoup de succès. On était pas mal les premières à faire des pop-up shops vintage! Un an plus tard, on a ouvert notre boutique!
Concrètement, leur histoire montre quelque chose d’important si tu veux te lancer dans le vintage : commencer petit permet de tester la demande sans prendre trop de risques. Les pop-up shops servent souvent de laboratoire. Tu observes ce qui se vend, tu comprends ce que les gens recherchent, tu ajustes tes prix et tu crées une clientèle avant même d’ouvrir une boutique permanente.
Dans leur cas, cette phase a aussi joué un rôle humain. Elles ne se sont pas seulement associées sur un coup de tête : elles ont d’abord vérifié qu’elles travaillaient bien ensemble. C’est un point que beaucoup d’entrepreneurs sous-estiment. Dans la pratique, un projet retail tient rarement sur le seul goût du produit. Il faut aussi une bonne entente, une vision commune et une capacité à prendre des décisions rapidement.
Fabcrep: Où trouvez-vous les morceaux que vous vendez?
Dans plusieurs différents endroits, certains à Montréal – un entrepôt au poids situé à 1h de Montréal. On magasine aussi dans les petits bazars d’église. Je te dirais que c’est plus difficile de trouver des vêtements vintage à Montréal étant donné la popularité! On va aussi, occasionnellement, aux États-Unis et en Ontario.
Ce que cela change pour toi si tu cherches à sourcer du vintage, c’est qu’il faut multiplier les canaux. Se limiter à une seule source réduit vite la qualité et la variété des trouvailles. Les professionnels observent généralement que les meilleures sélections viennent d’un mélange entre achats locaux, déplacements ciblés et veille constante sur les endroits moins évidents.
En pratique, le sourcing vintage demande du temps, de la patience et un vrai œil. Les bazars d’église, les entrepôts au poids et les déplacements hors province peuvent offrir des pièces plus rares, mais ils exigent aussi de savoir trier vite. Si tu rencontres ce problème de manque de stock ou de pièces trop banales, la solution n’est pas de chercher plus longtemps au même endroit : c’est d’élargir tes sources et de mieux définir ce que tu veux acheter.
Fabcrep: Est-ce que les morceaux sont exclusifs (Etsy vs boutique)?
Oui, les seuls vêtements qui sont aux deux endroits sont les morceaux faits à la main. Par contre, on n’a pas beaucoup de copies (10 maximum), pour conserver une certaine exclusivité.
Cette logique est très utile si tu veux comprendre comment une boutique vintage peut garder de la valeur perçue. L’exclusivité rassure l’acheteur : il sait qu’il ne retrouvera pas la même pièce partout. En limitant les copies, Citizen Vintage évite aussi de banaliser sa ligne maison.
Dans la pratique, cette stratégie fonctionne bien pour les créations retravaillées, les pièces upcyclées ou les vêtements transformés. Si tu hésites entre vendre en boutique, en ligne ou sur plusieurs canaux, retiens ceci : tu peux distribuer plus largement, mais il faut préserver une forme de rareté. Sans ça, le produit perd vite son caractère désiré.
Fabcrep: Quels conseils donneriez-vous à une personne qui débute dans le magasinage seconde main?
De s’assurer que ça soit le bon fit pour toi, parce que comme les vêtements datent d’une autre époque, les coupes et les tissus sont différents! Également, si la personne a un coup de coeur pour un vêtement mais que la taille n’est pas la bonne, ça peut être intéressant d’avoir quelqu’un qui peut altérer les vêtements! En plus, le prix moins élevé des vêtements compense pour le petit surplus du couturier!
Voici le conseil le plus important si tu débutes en seconde main : ne te fie pas uniquement à l’étiquette de taille. En vintage, une taille 8 d’hier ne correspond pas forcément à une taille 8 d’aujourd’hui. Les coupes sont souvent plus ajustées, les épaules diffèrent, les tissus tombent autrement, et certaines matières ont moins d’élasticité.
Concrètement, il faut essayer, mesurer et regarder la composition. Si une pièce te plaît mais tombe mal, une retouche peut tout changer. C’est souvent ce qui permet de transformer un bon achat en excellente pièce de garde-robe. L’erreur fréquente, c’est d’acheter par coup de cœur sans vérifier la structure du vêtement. Résultat : la pièce reste au placard.
Fabcrep: Vous mettez de l’avant des artistes peintres émergents dans vos vitrines. Sont-ils toujours « locaux »? Comment les choisissez-vous?
La plupart, oui. L’important pour nous c’est que le travail de l’artiste fit avec le nôtre!
Dans les faits, cette réponse montre une logique de marque très saine : la cohérence avant tout. Une vitrine n’est pas seulement décorative, elle raconte ce que tu es. Si l’univers visuel d’un artiste colle à celui de la boutique, l’ensemble paraît plus crédible, plus fort et plus mémorable.
Si tu gères un commerce ou une marque, c’est une bonne règle à retenir : ne choisis pas un partenariat uniquement parce qu’il est local. Choisis-le parce qu’il renforce ton identité. Le local est un vrai plus, mais il ne remplace pas l’alignement esthétique et éditorial.
Fabcrep: Quelle est la chose la plus funky que vous ayez faite?
C’est quand on embauché notre premier employé pour travailler dans notre propre entreprise. Ça peut paraître weird, parce que tout le monde en a, des employés, mais c’était quand même overwelming. Aujourd’hui, on est rendus 6!
Cette étape est souvent plus marquante qu’on ne l’imagine. Embaucher, ce n’est pas seulement déléguer : c’est changer d’échelle. Tu passes d’une logique de duo fondateur à une logique d’équipe, avec des responsabilités, des process et une organisation plus structurée.
Dans la pratique, beaucoup de petites entreprises vivent ce moment comme un tournant. C’est à la fois excitant et stressant, parce qu’il faut apprendre à transmettre ses standards. Si tu es dans cette situation, ce qu’il faut faire, c’est documenter ce qui compte vraiment : accueil client, sélection produit, présentation en boutique, ton de marque. C’est ce qui permet de garder l’ADN du projet intact.
Fabcrep: Qu’est-ce qui s’en vient pour vous au cours de la prochaine année?
Pour l’instant on met de l’énergie dans la section mariage! D’ailleurs, on a fait notre première exposition et on veut mettre encore plus d’énergie là-dedans! On veut aussi continuer de grandir!
Leur orientation vers la section mariage est très logique. Le vintage de mariage répond à une demande forte : des pièces différentes, plus personnelles, souvent plus romantiques et plus durables que l’offre standard. Si tu cherches une robe ou une tenue de mariage qui sort des sentiers battus, ce type d’approche peut être particulièrement intéressant.
Leur volonté de faire grandir cette section montre aussi une bonne lecture du marché. En pratique, une boutique vintage qui se spécialise un peu davantage crée plus facilement une raison de revenir. Ce n’est pas seulement “acheter du vintage”, c’est trouver une pièce pour un moment précis de la vie.
En rafale…
Votre artiste musical préféré?
Je suis inspirée par la scène musicale montréalaise, comme Mozart Sister.
Quel est votre designer chouchou?
Birds of North America, Atelier B, Eve Gravel.
La chanson que vous écoutez en boucle en ce moment?
Justin Bieber, Sorry! (rires)
Ces réponses en rafale donnent un aperçu utile de leur univers : un mélange de culture locale, de sensibilité mode et de références accessibles. C’est souvent ce qui rend une marque plus attachante. On ne retient pas seulement les produits, on retient aussi l’énergie qui les entoure.
Je te laisse sur quelques jolies photos de leur dernier shooting d’été.
Cette saison-ci, nous avons collaboré avec le peintre Jared Betts qui a créé une toile de fond abstraite pour notre éditorial d’été. Jared a laissé libre cours à sa créativité durant la séance photo, éclaboussant le canevas avec des couches et des couches de couleurs expressives complémentant notre collection d’été. Cet été nous élargissons notre ligne de designs originaux en y ajoutant de charmantes robes, des pantalons classiques en chambray, d’amusants shorts aux motifs floraux et d’incontournables crop tops, tous faits à partir de matières vintage ou discontinuées dans notre studio du Mile-End.
Dans la pratique, ce type de shooting sert à bien plus qu’à “faire joli”. Il permet de montrer comment les pièces se portent, de donner une direction artistique claire et de renforcer la désirabilité de la collection. Si tu vends en ligne, c’est un levier très puissant : des visuels cohérents et incarnés augmentent la confiance et aident le lecteur à se projeter.
Tu peux les suivre ICI et acheter en ligne ICI.
Source photos: Facebook Citizen Vintage / Ariana Molly
FAQ
Comment l’aventure Citizen Vintage a-t-elle commencé?
Elle a commencé par des pop-up shops, puis s’est transformée en boutique permanente. Becky et Lara se sont rencontrées dans ce contexte et ont testé leur concept pendant environ un an avant d’ouvrir leur adresse. Cette progression leur a permis de valider leur marché avant d’investir davantage.
Où trouvez-vous les morceaux que vous vendez?
Elles sourcent leurs pièces dans plusieurs endroits, notamment à Montréal, dans un entrepôt au poids à une heure de la ville, dans des bazars d’église, et parfois aux États-Unis et en Ontario. Cette diversité de sources leur permet de maintenir une sélection variée. En seconde main, c’est souvent la clé pour éviter une offre répétitive.
Est-ce que les morceaux sont exclusifs (Etsy vs boutique)?
Oui, sauf les vêtements faits à la main qui peuvent se retrouver aux deux endroits. Elles limitent aussi les copies à une dizaine maximum pour préserver l’exclusivité. C’est une bonne pratique si tu veux garder de la valeur perçue sur tes créations.
Quels conseils donneriez-vous à une personne qui débute dans le magasinage seconde main?
Il faut vérifier le fit, parce que les coupes et les tissus vintage diffèrent souvent des standards actuels. Si une pièce te plaît mais n’est pas à la bonne taille, une retouche peut être une excellente solution. Le plus important est de ne pas acheter uniquement sur l’étiquette de taille.
Vous mettez de l’avant des artistes peintres émergents dans vos vitrines. Sont-ils toujours « locaux »? Comment les choisissez-vous?
La plupart sont locaux, mais surtout choisis parce que leur travail s’accorde avec l’univers de la boutique. L’important est la cohérence entre l’artiste et la marque. Un partenariat réussi doit renforcer l’identité visuelle, pas la brouiller.
Quelle est la chose la plus funky que vous ayez faite?
Le recrutement de leur premier employé a été un vrai tournant pour elles. Ce moment a marqué le passage d’une petite structure à une équipe plus organisée. Aujourd’hui, elles sont six, ce qui montre une croissance réelle et progressive.
Qu’est-ce qui s’en vient pour vous au cours de la prochaine année?
Elles veulent développer davantage leur section mariage et continuer à faire grandir l’entreprise. Elles ont déjà réalisé une première exposition dans cette direction. Cela montre une volonté claire de se spécialiser tout en élargissant leur offre.
Votre artiste musical préféré?
Elles disent être inspirées par la scène musicale montréalaise, notamment Mozart Sister. Cette réponse reflète bien leur ancrage local. Elle donne aussi une idée de l’ambiance culturelle qui nourrit leur univers.
Quel est votre designer chouchou?
Leurs designers chouchous sont Birds of North America, Atelier B et Eve Gravel. Ces références montrent un goût pour des marques créatives et actuelles. Elles s’inscrivent bien dans un univers mode indépendant et réfléchi.
La chanson que vous écoutez en boucle en ce moment?
Elles écoutent en ce moment “Sorry!” de Justin Bieber. La réponse est légère, mais elle humanise leur portrait. C’est aussi ce qui rend l’interview plus vivant et plus proche du lecteur.
