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 »Ça va être correct » – Par Annie (POP-UP)

Avec la campagne #AgressionNonDénoncée qui bat son plein sur les réseaux sociaux, raconter mon histoire me semblait tout indiqué.

Ce qui me pousse encore plus à le faire, c’est que je me rends compte qu’encore beaucoup trop de femmes ont peur de dénoncer.

Je voudrais toutes les prendre dans mes bras et leur dire : «  ça va être correct, fais-moi confiance ».

C’était un soir de novembre il y a 4 ans. C’était mon party de Noël du travail, ce soir-là, ça faisait longtemps que je l’attendais. J’avais décidé d’y aller avec un ami/ancien collègue, sans lui dire bien sûr. Toute façon, ça allait beaucoup trop mal ces derniers temps. Je me demandais vraiment comment m’en sortir. Tout laisser tomber et partir vivre ailleurs a été considéré sérieusement. J’avais peur.

Ce soir-là, au party de Noël, j’ai pu faire ce que je voulais, m’amuser et ne pas réfléchir à tous mes faits et gestes en sachant que quelqu’un me surveillait subtilement. Je recherchais de plus en plus ces occasions de liberté éphémère. Ma vie était une vraie prison. Après deux ans de vie commune avec lui, la vie n’avait jamais été aussi dure. Le respect n’était plus au rendez-vous, le temps avait fait grandir son emprise sur moi et je ne l’avais même pas vu venir. Ma confiance en moi ne tenait qu’à un fil, mon orgueil avait mal. Je ne savais plus vers qui me tourner pour de l’aide, de toute façon, personne ne m’aurait cru. Personne ne le connaissait comme moi je le connaissais. J’ai essayé de l’aider avec la meilleure volonté du monde, à régler ses problèmes,  mais lui-même n’avait pas la volonté de s’aider.

J’étais une pute parce que je parlais à d’autres gars.

J’étais une conne qui méritait de mourir parce que j’avais brisé quelque chose

J’endurais des sautes d’humeur hors-norme qui pouvaient se terminer en chaise dans le mur ou en porte défoncée.

Je n’ai jamais rien subi physiquement et je me compte chanceuse.

Ce soir-là, j’ai eu droit à des messages textes hargneux, méchants de sa part. Ce n’était pas les premiers. Ça dégénérait, depuis un temps.

Des menaces.

En pleurant ma détresse, j’ai montré les messages texte à mon ami/ancien collègue. Il m’a dit : « ça assez duré » et il m’a amené chez ma mère pour appeler le 911.

J’ai porté plainte, non sans crainte. Je ne voulais pas lui faire du tort. J’avais peur de lui et de ce qu’il pouvait faire.

Ce soir-là, j’ai dormi dans le salon en tenant la main de mon frère.

Finalement, il n’a rien fait.

Avec du recul, on se demande toujours comme on a laissé les choses déraper autant. C’est extrêmement difficile de se sortir d’une situation de violence conjugale malsaine. Il faut s’entourer de personnes de confiance et surtout être consciente qu’on ne mérite pas ça, parce que c’est le cas.

Personne ne mérite de vivre ainsi. S’il vous plait, faites-moi confiance, tout va être correct.

Annie

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