from-italy.com
Blog

J’ai attendu vingt minutes – Par Noémie

Il est quatre heures du matin. Je suis couchée sur un immense pouffe noir sur le bord d’un feu à Beaupré, au Mont-Sainte-Anne, sans souliers, les bas sales et les cheveux mêlés, pendant qu’un gars me raconte une histoire. J’ai bu, je suis fatiguée, et là, clairement, j’ai envie de pisser.

Ça fait que je me lève, je me dirige vers du gazon frais, je m’accroupis et je fais tout ce qu’il faut faire… sauf ce pour quoi je suis venue. Sauf qu’au même moment, je vois le gars revenir. Je me relève, je rajuste ma jupe et je pars à la course vers la chambre d’hôtel.

Parce que oui, j’avais une chambre d’hôtel au Mont-Sainte-Anne. Hubert, qui donnait un show ce soir-là, l’avait prise et on la partageait. Il y avait une toilette, du papier, un lavabo, du savon. Bref, tout ce qu’il faut quand tu es dans un état où tu ne veux plus jamais revoir un buisson de ta vie. Le seul problème : je n’avais pas de souliers, et il y avait de la gravelle partout.

L’essentiel a retenir : cette histoire montre comment un moment banal peut basculer vers une urgence médicale, puis vers un vrai réflexe de soin et de présence.

  • Une douleur qui semble “passer” peut cacher quelque chose de sérieux.
  • Quand la douleur devient insupportable, il faut appeler les secours sans attendre.
  • Être accompagné dans un moment de crise change tout, concrètement.
  • La salle d’attente, l’angoisse et l’impuissance peuvent être plus dures que l’attente elle-même.
  • Les petits gestes de réconfort comptent énormément quand quelqu’un souffre.
  • Dire “je t’aime” au bon moment peut avoir une force immense.

Quand la situation bascule d’un coup

Rendue au bar, Hubert m’intercepte.

– « Qu’est-ce que tu fais? »

– « Faut que j’aille aux toilettes, je suis plus capable de me retenir, c’est trop urgent. »

– « Je viens avec toi. J’ai vraiment mal au ventre, j’ai sûrement faim, pis faut que j’aille me coucher. »

Sur le coup, je pense qu’il est saoul. Il ne l’est jamais, alors ça me surprend à peine. Mais là, oui, il l’est un peu. Et honnêtement, ce n’est pas grave. Pas encore.

On marche ensemble jusqu’à la chambre. Et c’est là que je comprends que quelque chose cloche pour de vrai. Ce n’est pas juste l’alcool, pas juste une mauvaise digestion, pas juste “ça va passer”. Dans les faits, quand une douleur au ventre devient assez forte pour faire changer le comportement de quelqu’un, il faut déjà commencer à se méfier.

Ce que ça change, concrètement

Si tu es dans une situation semblable, le bon réflexe n’est pas de minimiser. Une douleur qui s’intensifie, qui revient par vagues, qui empêche de bouger normalement ou qui s’accompagne de cris, de nausées ou d’un malaise général mérite d’être prise au sérieux. On constate souvent que les gens attendent “un peu trop longtemps” en espérant que ça se calme tout seul.

Dans la pratique, le bon réflexe est simple : observer, écouter, et agir dès que la douleur sort du cadre habituel.

Les gestes qui rassurent quand quelqu’un souffre

Je lui fais couler un bain très chaud, je lui passe une débarbouillette froide sur le visage et je lui prépare des pâtes au beurre. J’ouvre la télévision, parce qu’il aime ça, même s’il ne la voit pas vraiment. Juste l’entendre le calme. Et toutes les cinq minutes, je vérifie qu’il va bien.

Je me sens très mère Thérésa et, sur le moment, j’aime ça. Mais au-delà du côté tendre de la scène, il y a quelque chose de très concret : quand quelqu’un souffre, les gestes simples servent à reprendre un peu de contrôle.

  • de l’eau chaude ou froide selon ce qui soulage;
  • une présence calme;
  • un environnement moins agressif;
  • un peu de nourriture si la personne peut en prendre;
  • une surveillance régulière, sans dramatiser ni banaliser.

Dans la majorité des cas, ce n’est pas le “grand geste” qui aide le plus, mais la succession de petits gestes justes. Et si tu hésites encore, retiens ceci : accompagner quelqu’un, ce n’est pas seulement rester à côté, c’est aussi observer ce qui change.

Quand il faut arrêter d’attendre

Hubert sort du bain, se couche sur le divan, écoute la télévision, me demande de changer de poste, a mal, me dit que ça va passer, a mal encore, me demande une compresse d’eau chaude, a mal, puis se couche dans le lit. Je m’allonge à côté de lui. Je m’endors un peu. Je me réveille trois minutes plus tard.

Parce qu’Hubert hurle.

– « J’ai mal, ça fait tellement mal, je sais pas quoi faire, ça arrête pu, faut que tu appelles l’ambulance, j’ai trop mal. »

À ce stade, il n’y a plus de question à se poser. Quand la douleur devient incontrôlable, qu’elle empêche de respirer normalement, de dormir, de se calmer ou même de parler sans crier, il faut appeler le 911. Ce n’est pas exagéré. Ce n’est pas “faire une scène”. C’est la bonne décision.

Dans ton cas, si tu rencontres ce problème, il faut éviter d’attendre “juste encore un peu” parce que ça peut coûter cher en temps, en douleur, et parfois en complications. En pratique, mieux vaut appeler trop tôt que trop tard.

L’ambulance, l’hôpital et l’attente qui paraît infinie

J’appelle le 911, qui me met en contact avec les ambulanciers. Ils le touchent à plusieurs endroits, lui posent une tonne de questions et l’attachent sur une civière. Il se tord de douleur et, au travers de ses cris, il me demande de venir avec lui.

J’embarque dans l’ambulance. On se rend à l’hôpital le plus proche, à Beaupré. Les ambulanciers le débarquent et il crie encore plus fort qu’à l’hôtel. Ils l’emmènent plus loin, me demandent d’attendre dans la salle d’attente et me disent de revenir dans vingt minutes.

Les vingt minutes les plus longues de ma vie. Les plus lourdes, les plus étouffantes, les plus atroces aussi. Je suis assise dans une salle d’attente vide, trop éclairée pour cinq heures du matin. Dans un meuble de bois laid, une télévision diffuse une émission impossible à ignorer. Et moi, je n’entends presque rien d’autre que la douleur d’Hubert au bout du couloir.

Je me mords l’intérieur des joues jusqu’au sang, je ronge mes ongles trop loin, je tape des pieds jusqu’à avoir mal aux talons. J’appelle ma mère. Je me lève, je marche, je me rassois, je relis les avertissements, je regarde au bout du couloir, je ne vois rien. Je pense aux animaux en cage, à cette attente absurde, à l’impuissance totale.

Pourquoi cette attente est si dure

Ce que cela change, dans les faits, c’est qu’on passe d’une urgence visible à une attente silencieuse. Et cette bascule est souvent la plus violente émotionnellement. Tu ne peux rien faire, tu ne sais pas ce qu’on découvre, tu ne sais pas combien de temps ça va durer. C’est exactement le genre de moment où l’anxiété monte très vite.

Si tu vis ça un jour, essaie de te raccrocher à des choses simples : respirer, ne pas rester seul si possible, demander des nouvelles au personnel quand c’est approprié, et éviter de te faire des scénarios avant d’avoir des informations claires.

La suite, quand le diagnostic devient sérieux

Un monsieur est arrivé. Je suis allée voir Hubert. Il était sous calmants. On devait le transférer. Il devait se faire opérer. À l’Enfant-Jésus.

À ce moment-là, tout change. On n’est plus dans l’attente floue ni dans l’espoir que ça passe. On est dans le concret : un transfert, une intervention, une prise en charge plus lourde. C’est souvent comme ça que les gens réalisent que la douleur n’était pas “juste un mal de ventre”.

Dans la pratique, quand une personne est envoyée vers un autre hôpital ou qu’on parle d’opération, ça veut dire que l’équipe médicale a identifié un problème qui mérite une prise en charge spécialisée. Il ne faut pas interpréter ça à la légère.

Ce que j’ai fait, et pourquoi ça compte

Je lui ai raconté une histoire. J’ai passé une main dans ses cheveux. Je lui ai dit que je l’aimais. De tout mon cœur. Vraiment.

Et c’est peut-être ça, le plus important dans tout ce récit : au milieu de la panique, de la fatigue et de la peur, il reste encore la possibilité d’être là pour quelqu’un. Pas avec des grands discours. Pas avec des solutions magiques. Simplement avec une présence vraie.

Si tu es dans une situation semblable, retiens que l’aide la plus utile est souvent très simple : appeler quand il faut, rester calme, écouter, et faire ce qu’on peut sans se raconter qu’on contrôle tout.

FAQ

Pourquoi les vingt minutes d’attente paraissent-elles si longues ?

Elles paraissent plus longues parce que tu es dans l’incertitude totale. Quand tu ne sais pas ce qui se passe derrière une porte, chaque minute semble s’étirer. Le stress, la fatigue et l’impuissance amplifient encore cette sensation.

Que faire quand une douleur au ventre devient insupportable ?

Il faut appeler les secours sans attendre si la douleur devient incontrôlable. Une douleur intense qui empêche de bouger, de parler normalement ou de se calmer peut signaler un problème sérieux. Dans le doute, mieux vaut demander une évaluation médicale.

Comment savoir si une douleur est “grave” ou non ?

Une douleur devient préoccupante quand elle s’intensifie rapidement, qu’elle change le comportement de la personne ou qu’elle s’accompagne de cris, de malaise ou d’autres symptômes. Si tu hésites, considère que ce n’est pas le moment de minimiser. Le bon réflexe est de demander un avis médical.

Pourquoi l’accompagnement d’un proche est-il si important à l’hôpital ?

Parce qu’une présence rassure et aide à tenir dans un moment de stress intense. Concrètement, un proche peut écouter, soutenir, expliquer, rappeler des informations et éviter que la personne se sente seule. C’est souvent très précieux, surtout la nuit ou en situation d’urgence.

Que faire en attendant un diagnostic aux urgences ?

Le plus utile est de rester calme, de suivre les consignes du personnel et de ne pas tirer de conclusions trop vite. Si tu peux, note les informations importantes et garde ton téléphone chargé. Évite de te faire des scénarios avant d’avoir des nouvelles claires.

Pourquoi les petits gestes de réconfort comptent-ils autant ?

Parce qu’ils aident la personne à se sentir moins seule et un peu plus en sécurité. Un verre d’eau, une couverture, une présence calme ou une main dans les cheveux peuvent vraiment faire la différence. Dans les moments de crise, ce sont souvent ces gestes simples qui soutiennent le mieux.


Autres articles

Nouveaux visages pour Prada + le paquet de Justin Bieber – Par Pascal

adrien

Ces produits auxquels j’ai trouvé une autre vocation

adrien

Suggestions de coiffures tressées pour terminer l’été en beauté – Par Stéphanie Bourassa

adrien

Mon ultime TOP 10 des produits LUSH favoris EVER!!!

adrien

Le « ghosting »

adrien

Le nouveau parfum de Tiffany & Co.

adrien